L’INRS a mis à jour en juin 2025 sa page sur la prévention des risques liés au travail sur écran. Réglages du siège et de l’écran, dimensions du bureau, éclairage, pauses : nous avons relu ces recommandations et gardé ce qui change concrètement au quotidien, au bureau comme en télétravail. Le point de départ de l’INRS est simple : il n’existe pas de posture idéale. D’où l’intérêt de pouvoir en changer souvent.
Source : INRS – Travail sur écran : prévention des risques
Fatigue visuelle, douleurs au cou, aux épaules ou au dos, sédentarité : l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) liste ces effets du travail prolongé devant un écran. Sa page consacrée à la prévention détaille les moyens de les limiter.
Elle s’adresse d’abord aux employeurs et aux préventeurs. Mais la plupart des conseils valent aussi pour un indépendant ou pour quelqu’un qui travaille chez lui. Voici ce que nous en retenons.
Pas de posture idéale, mais une posture « de moindre inconfort »
L’INRS ne parle pas de bonne posture. Il décrit une position assise qui fatigue le moins, et qui se règle à partir du siège, du bureau et de l’écran :
- les pieds à plat au sol, les cuisses à l’horizontale ou les hanches légèrement plus hautes que les genoux ;
- le bas du dos soutenu par le dossier ;
- les épaules relâchées, les coudes près du corps, ouverts entre 90 et 135° ;
- les avant-bras posés sur le plan de travail, les mains dans leur prolongement ;
- la tête droite, avec le haut de l’écran sous la ligne des yeux. Avec des verres progressifs, on descend l’écran un peu plus.
Même bien réglée, cette position devient inconfortable si on la garde des heures. C’est pourquoi l’INRS insiste sur un point : le mobilier doit inciter à changer régulièrement de posture, et l’espace autour du poste doit laisser la place de bouger, de s’étirer, d’allonger les jambes.
Écran, clavier, souris : les bonnes distances
L’écran se place généralement entre 50 et 70 cm des yeux, soit à peu près une longueur de bras. La distance dépend de sa taille et de sa résolution. L’INRS conseille un écran mat et un affichage sur fond clair, moins fatigant et qui montre moins les reflets.
Le clavier se pose à 10 ou 15 cm du bord du bureau. Les poignets ne doivent pas rester appuyés en continu sur le rebord pendant la frappe. Détail souvent ignoré : mieux vaut ne pas déplier les petits pieds du clavier, qui obligent à relever les poignets.
La souris se place dans l’axe de l’avant-bras, à côté du clavier ou entre le clavier et soi. Une souris sans fil est préférable. Il existe aussi des souris inclinées ou verticales, qui limitent la rotation de l’avant-bras.
L’ordinateur portable n’est pas adapté à un usage prolongé tel quel. L’INRS recommande de le brancher sur un écran, un clavier et une souris externes. À défaut, on le surélève pour mettre le haut de l’écran à hauteur des yeux, avec clavier et souris séparés.
Avec plusieurs écrans, on choisit des modèles identiques, placés à la même distance. À trois écrans, on les dispose en arc de cercle.
Quelle taille et quelle hauteur pour un bureau ?
L’INRS donne des dimensions précises :
- une profondeur d’au moins 80 cm, qui peut monter à 110 cm au-delà de deux écrans ;
- une largeur de 180 cm, ou 160 cm quand la place manque.
Pour la hauteur, l’INRS s’appuie sur la norme NF EN 527-1. Les valeurs dépendent de la posture de travail et du type de bureau :
| Posture de travail | Plan à hauteur variable | Plan ajustable à l’installation | Plan fixe (non recommandé) |
|---|---|---|---|
| Assis seulement | 650 – 850 mm | 650 – 850 mm | 740 ± 20 mm |
| Debout seulement | 950 – 1 250 mm | 950 – 1 250 mm | 1 050 ± 20 mm |
| Assis-debout | 650 – 1 250 mm | Ne s’applique pas | Ne s’applique pas |
| Épaisseur maximale (côté utilisateur) | 55 mm | 55 mm | 70 mm |
Deux choses ressortent de ce tableau. Le bureau fixe est classé « non recommandé », puisqu’une seule hauteur ne peut pas convenir à tout le monde. Et un bureau assis-debout doit couvrir une plage de 650 à 1 250 mm, pour s’adapter aussi bien à une petite personne assise qu’à une grande personne debout.
Pour passer facilement d’une position à l’autre, l’INRS conseille de privilégier un réglage électrique. Il le juge même indispensable quand le poste est partagé entre plusieurs personnes. Les règles de placement de l’écran, du clavier et de la souris restent les mêmes debout et assis. Pour aller plus loin sur ce point, voir notre guide : comment choisir son châssis de bureau assis-debout professionnel.
Deux remarques moins connues : les bords du plateau ne doivent pas avoir d’arêtes vives, et la surface doit être mate pour éviter les reflets.
Chez Mobeya, le bureau assis-debout électrique est notre métier, donc ce passage nous concerne directement. Nous avons vérifié nos bureaux par rapport à ces repères : la course de nos châssis électriques couvre la plage de 650 à 1 250 mm, et nos plateaux font 30 mm d’épaisseur au maximum, bien en dessous des 55 mm indiqués.
Mais il faut lire ce passage dans son contexte. Pour l’INRS, le bureau assis-debout est un outil parmi d’autres (siège ballon, vélo de bureau, tapis de marche), qui complète le siège classique sans le remplacer. Et un bureau réglable qui reste toute la journée à la même hauteur n’apporte pas grand-chose.
Le siège reste la base
Pour l’INRS, un bon siège de bureau a une assise pivotante, une hauteur réglable qui permet de poser les pieds au sol, un dossier inclinable et réglable en hauteur, des accoudoirs réglables et cinq roulettes adaptées au type de sol.
Si les pieds ne touchent pas le sol une fois le siège et le bureau réglés, il faut un repose-pieds. Le Code du travail prévoit d’ailleurs qu’un repose-pieds soit fourni au salarié qui le demande (article R. 4542-9).
Lumière, bruit, température
On y pense moins, mais l’environnement joue beaucoup sur la fatigue en fin de journée.
- Placement : l’écran se place perpendiculairement aux fenêtres, à plus de 1,50 m, pour éviter reflets et éblouissement. Il vaut mieux éviter de le coller face à un mur : on a besoin de pouvoir regarder au loin de temps en temps.
- Éclairage : 300 à 500 lux au poste pour un écran à fond clair. Pour les luminaires, une température de couleur de 3 000 à 4 000 K est un bon compromis.
- Bruit : pour un travail qui demande de la concentration, la norme NF ISO 22955 situe le niveau acceptable entre 48 et 55 dB(A) selon l’activité.
- Ambiance : la norme NF X35-102 recommande une température entre 21 et 26 °C et une humidité entre 40 et 70 %.
L’organisation compte autant que le matériel
C’est la partie la plus importante de la page, et la plus facile à oublier quand on vient d’investir dans du mobilier. L’INRS déconseille de passer toute sa journée sur écran. Il recommande d’alterner avec d’autres tâches, de quitter l’écran des yeux régulièrement et de rompre la position assise.
Concrètement, il propose des pauses actives, idéalement toutes les 30 minutes : se lever pour prendre un appel, faire une réunion debout, aller chercher un document à l’imprimante. Rien de spectaculaire, mais c’est ce qui fait la différence sur une journée complète.
Côté entreprise, l’INRS rappelle aussi quelques principes : analyser l’activité réelle avant de choisir les mesures, associer les salariés au choix des équipements, prévoir du matériel réglable, et former les personnes au moment où un nouvel équipement arrive. Un bureau assis-debout livré sans explication sera souvent utilisé comme un bureau fixe. C’est aussi pour cette raison que nous accompagnons les entreprises au moment de l’installation.
Questions fréquentes
D’après l’INRS, qui s’appuie sur la norme NF EN 527-1, un bureau assis-debout doit pouvoir se régler entre 650 et 1 250 mm. Le bon réglage est celui qui laisse les épaules relâchées et les coudes ouverts entre 90 et 135°, avec les avant-bras posés sur le plateau.
En général entre 50 et 70 cm des yeux, soit environ une longueur de bras. Le haut de l’écran se place au niveau des yeux, ou un peu plus bas avec des verres progressifs.
L’INRS ne fixe pas de durée de station debout. Il recommande d’alterner les postures et de faire des pauses actives, idéalement toutes les 30 minutes. Rester debout toute la journée n’est pas l’objectif.
Une profondeur d’au moins 80 cm, et 110 cm au-delà de deux écrans. Pour la largeur, la page web de l’INRS recommande 180 cm, avec 160 cm toléré quand la place manque.
L’INRS conseille de privilégier le réglage électrique, parce qu’il rend le changement de position simple et rapide. Il le juge indispensable quand un même poste est partagé par plusieurs personnes.
Ce qu’on en retient
Trois idées reviennent tout au long de la page : du matériel réglable, des postures qui changent, et une organisation qui laisse la place de bouger. Le bureau n’est qu’une partie de la réponse.
La page de l’INRS va plus loin sur chaque point, avec des schémas de réglage et des liens vers des brochures dédiées (postures sédentaires, télétravail, souris et dispositifs de pointage).
Lire la page complète : Travail sur écran : prévention des risques – INRS (mise à jour du 11 juin 2025)
Références
